date de création
5 mai 1999

dernière mise à jour --
11 juin 2018

 
RECOLLECTION GRM


François BAYLE 
'Tremblements'
LP
Réf : REGRM 019
15,50 €
“Tremblement de terre très doux” (1978)
“L’étrange naît du familier.
Que rappellent ces roulements, ces murmures, ces élans, ce chant, ces rondes paisibles, ces éclats soudains, ces calmes revenus ?
Le trajet de l’œuvre pourrait aussi figurer le déroulement dramatique d’une journée - d’une vie - du lever du jour (climat 1) jusqu’à la nuit (paysage 4) en passant par des rencontres inquiètes, des transits (1 à 3), préparant au drame qui se noue au paysage 3 avant de se dénouer au climat 4, … toute une “ histoire” concrète.
Les propriétés souterraines de l’écoute bousculent doucement les idées…” F. Bayle
Création le 19 mars 1979 – Grand Auditorium de Radio-France, Cycle Acousmatique Ina-GRM.
“Toupie dans le ciel” (1979)
“Une onde se balance sur deux tierces mineures. Le balancement grave, toujours le même et toujours varié, tourne dans une myriade de dessins aigus et clignotants en couche de densité et de mobilité croissante.
Distance, vitesse, pression, densité, température, couleur, intensité, constituent les “thèmes” des 27 brèves cellules qui s’enchaînent et se fondent dans l’apparente unité du mouvement.
Par moment le tissu est troué de ciels piqués de petites comètes. Au centre un lent glissement accroche des harmoniques lointaines de l’accord de base. Vers la fin revient ce grand glissement qui part en flammes.
Fines lignes et ronflement proviennent du chant d’une toupie ancienne en rotation.
Et enfin (pour le sourire) cette Toupie dans le ciel, par son titre, se souvient de Lucy in the sky with diamonds – des Beatles  : Lucie, la plus ancienne australopithèque (3 millions d’années) notre grand-mère, dans l’Erosphère…
Le titre d’Erosphère fait allusion au désir contenu dans l’écoute et renvoie aux repères primitifs qui soutiennent l’attention auditive et fondent le plaisir musical.” F. Bayle
Création le 21 janvier 1980 – Grand Auditorium de Radio-France, Cycle Acousmatique Ina-GRM.
Luc FERRARI 
'Hétérozygote / Petite symphonie'
LP
Réf : REGRM 017
15,50 €
“Hétérozygote”. Composé entre décembre 1963 et mars 1964. Hétérozygote en biologie signifie : plante dont l’hérédité est mixte. Ceci veut dire que dans cette composition, l’expérience tentée est de fabriquer un langage se situant à la fois sur le plan musical et sur le plan dramatique.
On pourrait appeler ce genre de musique “Musique Anecdotique” car, si l’organisation des événements est purement musicale, leur choix propose des situations se justifiant sur deux plans : celui de la musique et celui de l’anecdote. L’anecdote est pourtant assez peu formulée et est susceptible de diverses interprétations. L’auditeur est alors invité à s’imaginer sa propre anecdote en rejetant – si besoin est – celle que l’auteur propose.
Plus exactement, l’auteur propose un complexe anecdotique pouvant avoir plusieurs significations. L’œuvre précédée par une ouverture est composée de huit tableaux séparés ou non par des intermèdes.
“Petite symphonie intuitive pour un paysage de printemps” (1973–1974).
« Cette musique électroacoustique fait partie d’une série de ce que l’on pourrait appeler « paysage imaginaire sonore ». Contrairement à Presque rien ou le lever du jour au bord de la mer, où le paysage se raconte lui-même, ici c’est un voyageur qui découvre un paysage et qui essaie de l’évoquer comme paysage musical. Nous étions, Brunhild et moi, dans les environs des Gorges du Tarn.
Nous avons eu l’idée de prendre une petite route qui escaladait une montagne rocailleuse pendant une dizaine de kilomètres.
Après un dernier tournant s’ouvrit devant mes yeux un paysage totalement inattendu. C’était le coucher du soleil. Devant nous, un plateau très vaste s’étalait avec de courbes douces jusqu’à l’horizon, jusqu’au soleil. Les couleurs allaient du jaune d’herbe sèche au mauve du lointain, passant par le noir de quelques petits bosquets ponctuant l’espace. La nature presque vide s’offrait à l’œil sans aucun obstacle. On voyait tout.
Plus tard, lorsque je me suis ressouvenu de ce lieu et des sensations que j’avais éprouvées, j’ai essayé de composer une musique qui soit capable de faire revivre mon souvenir.
Le « Causse Méjean » est un haut plateau d’une altitude d’environ 1000 m dans
le Massif Central. Il est ponctué par des fermes loin les unes des autres. Quelques personnages rentraient leurs troupeaux de brebis. J’ai eu l’idée d’évoquer cette présence d’humains solitaire et diffuse par des fragments de conversations que j’ai eues avec quelques-uns des bergers.
Le langage humain est intégré dans la texture musicale ; le son de la voix dit bien plus que ce qu’elle dit réellement.
Un des bergers disait un jour : « ... Je ne m’ennuie jamais. J’écoute le paysage. Quelquefois je souffle dans ma flûte et j’écoute l’écho qui me parle... ».
C’est en pensant à lui, que j’ai utilisé la flûte et son écho dans ma musique. »
Luc Ferrari. Le 18 octobre 2002

“Dix années séparent Hétérozygote œuvre concrète considérée comme étant la première à employer des «  matériaux sonores à caractère anecdotique  » de cette Petite symphonie intuitive pour un paysage de printemps, cette «  tentative de reproduire musicalement l’impression d’un paysage  ». Dix années parmi les cinquante dans lesquelles s’est déployée l’œuvre incomparable de Luc Ferrari, œuvre affranchie de tout dogme et qui forge, à travers une écoute curieuse, un hymne au monde vivant, à l’exploration et à la découverte des choses, des hommes et des femmes qui le peuplent.” (François Bonnet, Paris, 2016)
Luc FERRARI 
'Presque rien'
double LP
Réf : Regrm 005
21,00 €
Réédition.
“Presque rien n°1, le lever du jour au bord de la mer” (1967-1970). Après la disparition totale des sons abstraits, on peut considérer cette pièce comme une diapositive sonore
et l’aboutissement de toute une évolution. Restitution réaliste la plus fidèle possible d’un village de pêcheurs qui se réveille. Première idée du minimalisme.
“Presque rien n°2, ainsi continue la nuit dans ma tête multiple” (1977). Description d’un paysage de nuit que le preneur de son essaie de cerner avec ses micros, mais la nuit surprend le “chasseur” et pénètre dans sa tête. C’est alors une double description : le paysage intérieur modifie la nuit extérieure et la composant, y rajoute sa propre réalité (imagination de la réalité) ; ou, peut-on dire, psychanalyse de son paysage de nuit ?
“Presque rien avec filles” (1989). Dans des paysages paradoxaux, un photographe ou un compositeur est caché, des jeunes filles sont là en une sorte de déjeuner sur l’herbe et lui donnent, sans le savoir, le spectacle de leur intimité.
“Presque rien n°4, la remontée du village” (1990-1998). J’ai toujours hésité avant de faire circuler un Presque rien. Par exemple le premier a mis deux années avant de sortir de sa cachette et ça a continué ainsi. Et pour le quatrième, il a fallu neuf années d’hésitation. Mais le voilà. Peut-être c’est parce que c’est un vrai faux Presque rien où la réalité et le mensonge sont mêlés. Il s’agit de la remontée du vieux village de Vintimille.
Christian ZANÉSI 
'Grand Bruit / Stop! l'horizon'
LP
Réf : REGRM 020
15,50 €
“Grand Bruit” (1991)
Les grands corps sonores mobiles ont la propriété banale et pourtant étonnante de placer l’auditeur-voyageur à l’intérieur, comme s’il se trouvait dans une gigantesque contrebasse qui, dans le cas du train, est frottée par un archet double  : les rails et l’air. En 1991 j’ai utilisé ce phénomène dans la durée exacte du parcours que je faisais chaque jour en RER pour me rendre du studio à mon domicile. Un seul enregistrement de 21 minutes a été utilisé que j’ai considéré comme un seul objet sonore. J’ai alors traité et enrichi à la manière d’un photographe, c’est-à-dire par bains successifs, cette forme remarquable que j’ai appelée Grand Bruit.
“Stop  ! l’horizon” (1983)
Samedi matin, j’arrive au studio, il est neuf heures.
Il n’y a personne.
Mettre la lumière, seulement les spots et pas les néons qui font du bruit. Ouvrir la force technique, fermer la porte, couper le téléphone. J’allume la console de mixage qui envoie dans les amplis une impulsion électronique, les quatre haut-parleurs répondent séparément par un bruit bref de souffle très grave.
Il y a comme une présence.
Je n’ai rien écouté depuis hier soir, mon oreille est intacte, préparée par le sommeil de la nuit.
Je mets le mixage original sur le magnétophone master et m’assois au centre.
Télécommande  : PLAY.
Au premier son je ferme les yeux. Instantanément le studio disparaît.. Un autre lieu, un autre espace bien plus grand vient de s’ouvrir.
J’y pénètre.
J’ai la sensation très nette que la musique n’est qu’un «  grand bruit  », sculpté à l’intérieur de mille détails. Il s’ouvre comme un organisme vivant pour que mon écoute puisse s’y déplacer en tous sens. Très vite une relation magnétique s’établit et tous les sons constituant le grand bruit m’attirent vers un orient. J’accepte cette direction.
Plus tard, bien plus tard, je rejoins un point très éloigné dans l’horizon qui m’aspire.